Le jour où... j'ai démissionné

Le jour où j'ai démissionné et changé de vie
 
 

Je crois que je ne connais pas une seule personne qui un jour n'ait pas eu envie de changer de travail et de quitter son poste actuel. Au final, j'ai vu peu de ces personnes le faire, oser partir, oser démissionner.
Car ce n'est pas une mince décision à prendre, et en même temps, selon votre situation, cela peut très bien l'être...

 

Pourquoi j'ai décidé de démissionner
 

J'ai eu un parcours assez classique. Quoique 5 ans dans une entreprise, pour ma génération et à mon âge (j'avais 30 ans à l'époque), c'est beaucoup... ! Mais sinon tout de même assez classique : tous les 2 ans, je changeais de poste et évoluais dans mes missions, pareil côté salaire. Et à chaque fois, je progressais, apprenais de nouvelles choses et me rapprochais de ce que je voulais vraiment faire (ou comprenais ce que je ne voulais plus faire). 

Tout allait donc plutôt bien honnêtement. J'avais des collègues que j'adorais, on me faisait confiance, je gérais mon équipe et mon travail, j'avais des formations hyper intéressantes régulièrement...

Alors pourquoi ? Le résumer en une phrase serait trop compliqué. C'est toujours et souvent un ensemble de choses qui vous font prendre des décisions, surtout les plus importantes. 

La première raison serait sans doute le besoin de changement. C'est là un problème typique des gens de mon âge : on ne tient plus en place comme avant. Je pense aussi que l'on a beaucoup plus conscience des possibilités qui s'offrent à nous (grâce aux réseaux sociaux notamment) que nos aînés, et que l'on a surtout beaucoup plus de moyens de les réaliser. On se lance donc plus facilement.

 Alors souvent, c’est à ce moment-là que vous prenez une décision. 

La seconde raison est un gros cliché mais qui marche quand même : le cap de la trentaine. Vous arrivez dans l'âge de la concrétisation. Les études sont finies, normalement vous avez un peu d'argent, vous commencez à vous poser, vous sentez que vous avez changé... Vous avez toujours l'avenir devant vous mais il est juste là, face à vous, il n'est plus à l'autre bout de la pièce. Vous n'avez plus le temps, plus comme avant. C'est le moment où vous avez donc envie de concret, d'avancer, vous voulez que ça bouge. Alors souvent, c'est à ce moment-là que vous prenez une décision. 

La troisième raison ne me ressemble pourtant pas et en même temps complètement. Esprit de contradiction bonjour. J'aime être dans le confort, avoir mon cercle autour de moi, me sentir à l'aise dans mon métier et en même temps, régulièrement, il me faut de la nouveauté. Il parait que c'est normal, que pour évoluer, il faut savoir prendre des risques. Que l'esprit en a besoin.  

Enfin, il y avait aussi une raison toute bête à tout cela... Je ne voulais plus rester à Paris. Et ce depuis un petit moment déjà. J'avais envie de voyager, de connaître d'autres villes, surtout après 10 ans qui était déjà bien assez. J'habitais une des plus belles villes du monde mais je n'en profitais pas, ou plutôt plus. J'avais juste besoin de partir donc. Pour y revenir un jour, pourquoi pas ? En attendant, je voulais de l'aventure.

 

Le moment où j'ai su que c'était le moment
 

Cela va aussi sembler très classique : un jour, c'est comme ça, vous le savez, vous le sentez. Inconsciemment ou non, cela fait des semaines - voire des mois - voire des années - que vous y pensez. Que l'idée a évolué dans votre tête, jusqu'à devenir plus claire et plus nette. 

Pour moi par exemple cela a commencé avec mon appartement. Ou plutôt avec des insomnies. J'ai commencé sans savoir pourquoi à ne plus réussir à dormir, à me prendre la tête sur à peu près tout et n'importe quoi. C'était en septembre de l'année dernière. Début octobre, je me retrouve à aller vivre chez ma sœur qui vient d'emménager dans une grande maison en banlieue. Sur le moment, je ne sais pas encore vraiment ce qu'il va se passer par la suite. Je sais juste que je ne reprendrais pas d'appartement sur Paris. Finish.

Je commence à faire des calculs, avec 3 mois de préavis et mes congés non pris, j’aurai à peu près
10 000 € d’économies.

Et petit à petit, tout est devenu plus clair. Déjà, par la formidable chance d'être chez ma sœur, je ne paye plus de loyer et peux enfin faire de vraies économies, rapidement. Je sais alors que ce sera plus facile pour la suite et que cela m'ouvre plus de possibilités. Cela faisait à peu près 4 ans que je stagnais à 3 000 € d'économies. Pas moins, mais pas plus non plus. Je commence à faire des calculs, avec 3 mois de préavis (et donc 1 000 € de côté chaque mois - oui les loyers sur Paris sont abominables) et mes congés non pris (j'avais plus d'un an d'avance quand même...), j'aurai à peu près 10 000 € d'économies, impôts déduits. Pas mal du tout (à mon échelle d'économisatrice qui n'arrive jamais à économiser c'est énorme).

Si je résume, j'arrive donc à ce constat :

  • j'ai 30 ans et j'ai besoin de changement ;

  • je ne veux plus vivre à Paris ;

  • je n'ai plus d'appartement et pas tant d'affaires que ça (ok pas trop disons) ;

  • j'ai un peu d'argent pour la première fois de ma vie ;

  • j'ai acquis assez d'expérience dans mon domaine ;

  • et je peux l'exercer d'où je veux.

Les cartes m'ont été parfaitement distribuées. Signe de l'univers. D'un coup, je me sens parfaitement libre et parfaitement prête à faire mes propres choix. Alors, tout simplement, je me suis lancée : mi-novembre, je posais ma démission.

 

Premiers bilans


La fin de mon travail

J'ai profité. C'était l'avantage d'avoir ces trois mois de préavis. Forcément, vous avez pris votre décision, vous l'avez annoncé alors vous voulez que ça aille vite mais en même temps vous savez que plein de choses vous manqueront plus tard. Alors j'ai juste essayé de voir les bons côtés de ces trois mois et d'en profiter avant de tourner la page, à la veille de mes 31 ans.

J'ai aussi pris le temps de me concentrer sur la suite. Quel serait mon projet ? Ma stratégie ? Mon nom ? Ma spécialité exactement ? 3 mois vous laissent le temps de vous préparer. Même si cela veut dire bosser les soirées et les week-ends en plus...
 

La pause nécessaire : Bali

Trois jours après avoir quitté mon travail, je suis partie deux mois à Bali.

Suite à ce gros changement de vie, j'ai aussi fait une petite folie. Ça allait bien avec ma crise de la trentaine : trois jours après avoir quitté Showroomprivé, je suis partie deux mois à Bali. Pour être honnête, j'avais comme projet de commencer mon freelance de là-bas, de travailler sur mon site tranquillement et de mettre tout en place. De faire ma "digital nomade", n'est-ce pas... "Haha". Pas du tout en fait ! C'était trop beau et trop tentant de ne rien faire. C'était l'occasion ou jamais aussi, alors j'en ai profité.

Au final, cette période est assez importante. Une bonne ou un bon créatif.ve vous le dira toujours : il faut prendre du recul, faire une pause, pour avancer plus vite après.
 

Le lancement de mon site

Mi-avril me voilà de retour en France. Après avoir habité de nouveau quelques temps chez ma sœur et régler quelques affaires, je rentre en Bretagne chez mes parents. Pareil, cela me permet de faire des économies et de me concentrer sur mes nouvelles tâches. Parce que ne sous-estimez pas ce temps de mise en place, c'est toujours plus long que ce que l'on pense ! Je passe des semaines et des semaines à tout peaufiner, à faire mes tarifs, à trouver telle ou telle bonne couleur, bonne image, à avoir de nouvelles idées, à m'organiser, à regarder des vidéos, à lire des centaines d'articles, etc.

Le problème d'être seule, c'est qu'il n'y a personne pour vous dire stop. C'est à vous de trouver le bon équilibre. Alors comme à un moment il faut se lancer, mi-septembre après plusieurs mois de "Site en construction" et de tests, je finis enfin par publier mon site.
 

Ma nouvelle vie

C'est encore tout nouveau. Et donc compliqué d'en tirer de vraies conclusions.

Les plus :

  • je gère mon temps, je travaille de 10h à 18h comme de 13h à 20h ou autre ;

  • un ami est dans le coin, un rendez-vous perso à fixer... je peux y aller ;

  • je travaille d'où je veux, il suffit juste d'avoir Internet ;

  • aucune routine, j'apprend des tas de choses tous les jours et en découvre d'autres.

Les moins :

  • les collègues manquent (mais on s'y fait et heureusement il y a les espaces de coworking) ;

  • financièrement, il faut réapprendre à se serrer la ceinture au début ;

  • les angoisses : le passage obligé, c'est cyclique, ça va, ça vient et au fil du temps, ça passe...

Tout ce que je peux vous dire, c'est que je ne regrette pas du tout pour le moment.
 

Et la suite ?

J'ai eu mes premiers contrats sans avoir encore démarché ni fait de publicité (merci LinkedIn et le réseau), et j'ai (presque) fini de tout mettre en place côté administratifs et démarches (j'y reviendrai sûrement dans un futur article, c'est également affreusement plus long et compliqué qu'on ne pourrait le penser). Exemple, j'ai failli louper les démarches pour bénéficier de l'Accre, soit des charges moins lourdes pendant 3 ans d'activités #tips #goodtoknow.

Côté logement, j’ai bien profité de ma nouvelle vie à la campagne et à côté de la plage (et c'est tellement agréable) et vais bientôt m’installer sur Nantes !

Mi-février en quittant mon travail, j'avais donc 10 000 € d'économies. Aujourd'hui, j'en suis à 5 000 € à peu près. J'ai encore les moyens de voir venir et bizarrement (même si je ne devrai peut-être pas !) je suis confiante pour la suite. 

Mais c'est dans les prochains mois que tout va se jouer, maintenant que j'ai mon site et que je peux concrètement démarcher. 

 

Mes conseils pour se lancer
 

Bravo, c’est courageux ce que tu fais.

Les gens m'ont à peu près tous dit : "Bravo, c'est courageux ce que tu fais". C'est marrant mais je n'avais pas l'impression pourtant ! Je suivais juste mes envies. Et il y un côté assez égoïste et impulsif à faire cela. 

Si vous pensez vous aussi tout lâcher et vous lancer, voici mes principales recommandations.

  1. Prenez votre temps. Pas de décision sur un coup de tête, même si vous en mourrez d'envie.

  2. Posez-vous avec une feuille et un papier. Et écrivez tout ce qui vous passe par la tête : ce que vous voulez changer, ce que vous voudriez, où vous vous voyez vraiment dans un an...

  3. Mettez assez de côté. L'argent sera la principale difficulté, soyez sûr.e d'en avoir suffisamment pour avoir quelques mois devant vous.

  4. Ne cherchez pas à avoir forcément l'idée parfaite. Vous ne l'aurez pas tout de suite. Elle évoluera au fil du temps. Comme toutes les premières idées de toutes les entreprises.

  5. Faites-vous confiance. Il y aura des rabat-joies, des gens qui vous plomberont. Ne restez pas là-dessus.

  6. Ayez un plan B. Dans les moments de doutes, cela vous rassurera et si cela tourne mal, vous aurez une solution. Dans mon cas, je me suis dit par exemple que je pourrai toujours reprendre un CDD de quelques mois en entreprise, c'est pas grave.

Voilà ce que je pouvais dire de cette fameuse décision que j'ai prise de démissionner. Mais chaque cas est particulier. Le mien était assez simple : à part ma petite Padme (c'est mon p'tit chat !), je n'avais aucune contrainte (pas de compagnon, pas d'appartement, pas de crédit, pas d'enfant). À vous de voir les risques que vous voulez, et que vous pouvez, prendre.

Quoi qu'il en soit, et comme tout le monde le dit, l'expérience sera toujours belle. Et si vous n'essayez pas, vous ne saurez jamais...

 
 
 
Les liens inspirants et utiles quand on veut se lancer et démissionner



Le post-it de la rédac chef

Les liens qui m'ont inspiré & aidé :

- le fameux test du Ikigai ;
- toujours de très bons articles et conseils : Welcome to the Jungle ;
- pour les détails techniques : le site officiel de l'auto-entrepreneur.

 
 
 

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